Accueil de CyberPresseLa Une de ce numéroArticle suivant

Avril 1998
Numéro 9

Civilisation

Pourquoi souffrir ?

par Maude D., 12 ans,
5ème secondaire, Ecole Mont-Bleu, Québec


L’histoire de cette jeune fille de douze ans a relevé plus d’un débat, tuée par son père, empoisonnée au gaz carbonique, elle était trop déficiente pour réaliser ce qu’il lui arrivait. Comme vous l’avez peut-être remarqué, je parle effectivement de Tracy Latrimer et de son père, Robert Latrimer. Ce dernier purge présentement une peine de dix ans de prison. Pourrait-on qualifier cette histoire de tragique ou d’héroïque ? Une autre question surgit : Dans certaines circonstances, devrait-on légaliser l’euthanasie volontaire ou le suicide médicalement assisté ? Personnellement, je suis totalement pour et j’appuierai mon opinion en vous parlant des points suivants : l’état des personnes souffrantes, l’euthanasie des enfants et les droits de la personne.

Premièrement, je considère qu’une personne devrait pouvoir mettre fin à ses jours si celle-ci souffre trop. J’aimerais vous citer une phrase qui résume bien mon opinion sur le suicide assisté. Le docteur Boutin Junior dit : " La vie ne doit pas être vécue si elle n’est pas de qualité, c’est-à-dire ni trop malade, ni trop vieux, ni trop handicapé et que vous n’êtes pas un fardeau pour votre entourage. D’après moi, cette affirmation est tout à fait juste ! Pourquoi vivre si la vie ne vaut pas la peine d’être vécue ? Pourquoi continuer à faire souffrir notre entourage plus que nous-mêmes ? C’est sûrement les questions que s’est posées Sue Rogriguez avant de mettre fin à ses jours avec l’aide d’un médecin anonyme. D’ailleurs, au Canada, 76 % de la population est en accord à ce qu’une personne trop malade puisse utiliser le suicide assisté. 16% des Canadiens s’y opposent et 8% n’ont pas d’opinion. Dans certains hôpitaux, plusieurs malades se laissent mourir de faim. Pourquoi continuer d’interdire que l’on agisse en leur nom, à leur demande et dans leur intérêt, quand nous pourrions leur permettre de mourir d’une manière plus humaine ? Peu importe que la vie cesse prématurément, l’important c’est que la personne ne souffre pas.

Deuxièmement, Depuis que j’ai pris connaissance du cas très spécial de Nicholas, mon opinion sur l’euthanasie des enfants a beaucoup changé. Pour vous renseigner, Nicholas est un enfant de cinq ans qui est atteint d’une encéphalopathie. Cette maladie fait en sorte que tout son métabolisme de développement s’est arrêté lorsqu’il avait un mois. Tous les médicaments qu’il ingurgite en une journée nous feraient dormir pendant deux mois. Il n’en reste pas moins que les Canadiens acceptent moins l’euthanasie des enfants par les parents que l’euthanasie en général. En effet, 50% des résidents du Canada sont en accord avec l’euthanasie des enfants, 36% s’y opposent et 15% n’ont pas d’opinion. Pour ma part, je pense qu’on devrait cesser de faire souffrir les enfants ainsi que leurs parents.

En plus, certains droits favorisent l’euthanasie de personnes souffrantes, mais ces droits vont à l’encontre de l’article du code 24 qui interdit l’aide au suicide. Le code civil reconnaît présentement le droit de chacun à l’inviobilité de son corps. Même au plan pénal, la loi ne permet pas à un malade de faire cesser un traitement. Au contraire, il faudrait que les obligations du médecin s’arrêtent là où commence le refus du patient. Tout individu devrait avoir le droit de refuser tout traitement médical, même si ce dernier est nécessaire sa survie. Le droit à la liberté de la personne garanti par l’article 7 de la Charte canadienne des droits et liberté devrait être considéré. Pour moi, liberté rime avec droit de choisir !

Pour conclure, j’espère avoir touché votre sensibilité à l’égard de ces personnes souffrantes et de ces enfants qui n’ont aucune raison de vivre. Je souhaite aussi vous avoir fait remarquer que la loi se contredit vraisemblablement. Pour ma part, en pensant à Nicholas, à Sue Rodriguez et à Robert Latrimer, parce que leur cas m’ont touchée droit au cœur, l’euthanasie devrait être légalisée. Je crois que la société devrait plus écouter ce que les personnes ont à nous dire et répondre à leurs désirs. Le gouvernement devrait réaliser qu’il n’y a pas de différence entre le suicide assisté et le suicide sans assistance, cependant, celui-ci est légal...



Vous avez des commentaires sur cet article ? Écrivez dans le courrier des lecteurs !
Vous avez des commentaires sur CyberPresse ? Écrivez-nous !
Vous voulez communiquer avec la classe ? Écrivez à La classe


CyberPresse au Québec CyberPresse en France Informations sur CyberPresse

©CyberScol et CRDP de Poitou-Charentes
Révisé le 30 mai 2000 par le
Club HTML de l'IUT Informatique de La Rochelle